bouilleur de cru

L'alambic Les bouilleurs de crus sont informés au dernier moment de la date et l'heure à laquelle ils et elles pourront venir faire distiller leur récolte. Pour nous, “ce sera lundi” nous dit le pêcheur, après nous avoir fait mijoter des mois. Le temps est gris mais le ciel est clair. Les monts du Livradois-Forez sont dégagés. “Rendez-vous à Chaumont-le-Bourg” nous dit-on. “Oui mais où ?” “Suivez la fumée, vous finirez par trouver.” ​

On se croit revenu à l'époque des machines à vapeur : des dizaines et des dizaines de poignées rouges vives qui font transpirer trois cuves fermées comme des cocottes minutes. Seulement deux indicateurs : la pression et la température. Le reste se fait à l'oreille. Les distilleurs et la distilleuse nous expliquent comment le tout fonctionne. C’est un engin qui date de 1948, mais dont il ne reste plus grand chose d'origine.

On aide certains à monter leur bidons de récolte sur la machine. Chacun a le droit à 100 litres de gnôle. Poires, Pommes et Prunes se succèdent sans se mélanger. Uniquement des récoltes personnelles, uniquement des usages personnels. De toute manière, la plupart ne boivent pas toute leur production, ils et elles l’offrent. C'est qu'on est aussi là pour la convivialité. Parce qu'ici tout se finit inlassablement par de la nourriture, l'un d'entre eux finira par nous offrir cinq saucisses cuites à la vapeur d'alcool. Saucisses qui seront mangées le soir même, accompagnées de pommes à la poêle et d'une soupe.

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